jeudi 18 février 2016

Randonnée et yoga au Zanskar (Himalaya)

Trekking, marche,  yoga,  médiation  marche  
Du 3 au 28 août  2016 

Cette formule associant le yoga au trekking a été testée
en juillet 2015 sur le voyage équitable et solidaire proposé par
Rencontres au bout du monde au Zanskar :

Cette première expérience nous a permis d’identifier précisément comment pouvait se décliner la pratique du yoga dans un tel séjour. 






L’encadrement 


Accompagnateur en montagne, instructeur en marche nordique et professeur de yoga ,  j’ai  découvert  le Zanskar   en 1989. A la fois intrigué et subjugué par   cette culture,  j’ai  depuis cette rencontre, suivi de nombreux enseignements dans différents centres tibétains et  notamment à Montchardon dans le Vercors où je vis, enseignements que j’aurais à cœur de partager durant nos veillées… 

J’enseigne  aujourd’hui un  yoga que m’ont   transmis deux  authentiques   yogis : Babacar Khane et Shri Tivari.
- Maitre occidental  incontesté, Babacar a réalisé  une méthode synthèse  de plusieurs formes de yoga ( Chinois, égyptien et indien), aisée à mettre en œuvre  dans la nature. 
- Shri Tivari a consacré sa vie à l’étude des effets du yoga sur la santé. Erudit, expert en pratiques respiratoires (pranayama), il enseigne un pur hatha yoga respectueux de la tradition indienne.

Particularités de la méthode Babacar Khane.

Loin de s’opposer, le yoga égyptien et le yoga chinois  peuvent être utilisés pour préparer les asanas du Hatha yoga et permettent d’aller plus loin dans cette pratique.
Le yoga de Babacar Khane  s’appuie sur les connaissances biologiques et physiologiques occidentales du corps humain, prend en compte  la connaissance ancestrale  Chinoise des énergies et  trouve son adaptation une  pratique qui convient tant aux sportifs, qu’aux retraités, et bien sûr  aux marcheurs…

Sensibilisé à la pédagogie, François a extrait de cet enseignement  des séances simples efficaces et adaptées au plus grand nombre


Quelles différences entre ce séjour et un séjour classique ?
Comment se décline la pratique du yoga durant le trekking ? 

Le yoga s’adapte aux conditions de trekking …  Il se décline au quotidien à travers des pratiques posturales ou des temps de méditations glanées lors des visites de temples aux côtés des moines ou des nonnes Zanskaries ou encore devant des paysages grandioses…



Nous consacrons au départ de chaque rando  un petit  temps ( 15 minutes environ) pour nous échauffer,  respirer et préparer notre corps à  la marche.  
A notre arrivée, des étirements et des postures spécifiques  de ressourcement post effort assurent  une bonne récupération quotidienne


Plusieurs ateliers techniques et enseignement thématiques vous seront   proposés durant le trekking :
Initiation  à la marche nordique : cette technique permet d’optimiser la propulsion des bras au plat  et de s’économiser dans les montées de cols. 
Découverte de la marche afghane «  l’intégration de respirations spécifiques durant  la marche »  Cette coordination « du souffle au pas »  augmente de façon significative vos potentialités de marcheur
Enseignements sur 
- la gestion du stress (physiologie et régulation par le yoga)
- Les fondamentaux du yoga 
- Sur le bouddhisme et la spécificité de la culture tibétaine ( le vajrayana)

L’idée durant ce trekking est  ralentir, de prendre son temps et s’imprégner au maximum de cette culture  ou l’amour et la compassion sont les scellements de ces peuples himalayens



La durée de notre séjour vous permettra d’assimiler  quelques protocoles de réveil musculaire et de ressourcement post effort que vous pourrez mettre en œuvre  à votre retour dans votre cocon familial… - Un document informatique de synthèse sera envoyé par mail aux participants le désirant.




"Tangso, vallées et villages du Sud",
un voyage équitable et solidaire au Zanskar
proposé par Rencontres au bout du monde


mercredi 3 février 2016

Impressions indiennes # Episode 6 • Derniers instants au Shekhawati

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 6 • Derniers instants au Shekhawati

Par Patrick Wasserman

Sikar, Shekhawati...

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Départ pour de nouvelles visites dans les villages du district de Sikar, ville poussiéreuse et bruyante située en bordure de la route qui relie Jaipur à Bikaner.

Ces villages deviendront tous des lieux d'accueil privilégiés de nos voyageurs au Rajasthan.

- KATRATHAL (village de Mr. Kann Singh), à environ 5 km de Sikar. Le propriétaire est un ancien MLA (membre de l'Assemblée de l'Etat du Rajasthan).
Ici, se trouve un haveli très traditionnel avec plusieurs chambres, dans un environnement agréable.

- SINGHA SAN. 12 km de Sikar. Village très calme et sympathique, surplombé par son vieux fort-palais-haveli en cours de restauration, et habité. Dans le haveli que nous visitons, on trouve une belle salle peinte, mais l'ensemble est assez délabré. Le propriétaire, médecin homéopathe, a une forte personnalité mais est un personnage intéressant et sympathique qui, de surcroît, parle anglais.
Sa ferme est peu habitable et non traditionnelle (cabanon) et l'on trouve également une maison d'une quarantaine d'années dans le village.
Activités dans le village : joailliers, fabricants de chaussures, charpentiers, chanteurs traditionnels, ballades en dromadaire.

- SINGHA SAN. 12 km Sikar . 8 familles (3 frères + 5 autres frères cousins des premiers) vivent au sein d'un très grand et très bel haveli. Le propriétaire qui nous accueille est très avenant. Nous apercevons plusieurs havelis très délabrés tout autour.
Celui que nous visitons possède une grande quantité de chambres, un toit terrasse très agréable (le village domine un peu la région et la vue s'étend jusqu'à la colline de Harsh).






- KATRATHAL (village de Kann Singh). Nous visitons une ferme représentant une halte possible (peu de possibilités d'hébergement sauf si Kaan Singh y installe des huttes). Très bel environnement campagne et une petite fabrique de briques ("batha").

L'après-midi est entièrement consacrée à un aller-retour à Jeen Mata (à proximité de Harsh), et à la visite d'un temple et lieu de pèlerinage rajpoute.



Retour à Jaipur en soirée.


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Réunion à Jaipur en vue d'ébaucher le partenariat Sahaj-Morarka / Rencontres au bout du monde pour les séjours au Shekhawati.

Après avoir remercié mes interlocuteurs pour leur aide et l'organisation des visites, je pose le problème en terme de "Qui fait quoi et dans quelles conditions ?".

Nous convenons que la coordination logistique locale, la formation, et la préparation sur le terrain (propreté, accueil, etc.), et peut-être une partie de l'accompagnement, pourraient être effectuées par Sahaj, Rencontres au bout du monde se chargeant d'établir le programme précis (hébergements, repas, activités), d'assurer la promotion et le "commercial" en France, la préparation des voyageurs, et restant maître de son budget.
Vigyan rappelle, comme il l'avait déjà fait lors de nos premiers échanges par email, que l'objectif de Sahaj reste commercial, même si la notion de profit reste liée à un objectif social de développement. Il reconnaît cependant que dans un premier temps, les profits seront faibles, mais nous sommes d'accord pour que les frais engendrés et le temps passé doivent au minimum être couverts, que ce soit pour Sahaj ou Rencontres au bout du monde. J'insiste également sur le fait que le travail effectué pourra aussi servir à Sahaj pour des touristes hors Rencontres au bout du monde. Je précise ensuite que d'ici quelques temps, il est tout à fait envisageable que Rencontres au bout du monde propose plusieurs circuits au Rajasthan, voire des séjours "à la carte".

Je propose 2 formules :
- soit un partage dans des proportions qui resteraient à définir
- soit un "soutien" progressif de Rencontres au bout du monde pour la coordination (ce soutien pourrait être pris sur le Fonds de développement pour le Rajasthan de Rencontres au bout du monde.

La deuxième formule nous paraît à tous la plus viable et appropriée.

Décisions : je dois soumettre le programme précis, ainsi qu'un compte-rendu en anglais des visites effectuées, à la suite de quoi, Sahaj nous adressera une première proposition pour la première année. J'insiste sur le côté "partenariat" et non "client-fournisseur", et la nécessité absolue de transparence. Nous pensons tous qu'une fois que nous serons d'accord, une charte de partenariat devra être signée par toutes les parties.

Tarifs des prestations locales (hébergements, repas, activités) : je me rends compte qu'ils n'ont aucune idée sur ce point. Je leur explique comment nous procédons au Zanskar, et ce que j'ai prévu dans le budget prévisionnel du Rajasthan. Je leur demande de procéder de même en tenant compte des spécificités locales, c'est à dire de prendre l'avis des prestataires concernés, ce qu'ils acceptent. Je précise que Kaan Singh pourrait très bien réaliser cette mission. Il est important de l'aborder avec "tact", car au Rajasthan, on m'a souvent dit que "a Guest is a God", formule qui ne doit pas être entamée par la venue répétée de nos "guests". Vigyan souligne que, selon lui, les perspectives financières seront dans un premier temps plus attractives pour les prestataires que les considérations communautaires et de solidarité. Toujours selon Vigyan, la mise en avant de projets solidaires plus que l'aspect financier pourrait nuire au projet (les prestataires pourraient alors demander de voir de quoi nous sommes capables en terme de solidarité avant d'accepter de recevoir des touristes), et il conseille de n'aborder cette question qu'au bout d'un an ou deux. Je rappelle que selon nos principes et les critères de l'ATES, ces aspects restent essentiels et incontournables, ce que tous les présents approuvent. Pour mémoire, rappelons qu'au Ladakh, ce n'est que maintenant que nous commençons à pouvoir réellement financer des projets et distribuer le fonds CBT, et que notre crédibilité locale était entamée jusqu'à l'an dernier dans la mesure où nos promesses n'avaient pas d'effet visibles par la population.

Transports : j'ai annoncé que dans un premier temps au moins, Rencontres au bout du monde les prendra en charge (Surjeet Singh, de Jaipur, que je connais depuis 1999, assure cela très sérieusement et avec beaucoup de fiabilité, à des prix compétitifs).

Séjour à Jaipur : pour le moment, Sahaj n'a rien de concret à proposer pour les hébergements. Il va donc nous falloir choisir une solution guest house ou hôtel à Jaipur pour les premiers groupes (c'est d'ailleurs ce que j'avais prévu dans le budget mis en ligne sur notre site en juillet).

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A suivre...

mercredi 20 janvier 2016

Impressions indiennes # Episode 5 • Traditions et ruralité

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 5 • Traditions et ruralité

Par Patrick Wasserman (photos Bruas, x)

Région de Nawalgarh, Shekhawati...

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Au petit matin, rencontre avec Devendra Singh, propriétaire du très bel l'hôtel-haveli Roop Niwas (Nawalgarh), collectionneur de miniatures rajpoutes et d'armes anciennes, et surtout, éleveur et expert en chevaux d'endurance (races Marwari et Kathiywari).


















15 personnes sont dédiées à l'élevage, l'entretien et l'entraînement d'une centaine de chevaux. L'endroit que je connaissais pour y avoir été invité et séjourné en 2006 lors du colloque organisé par notre partenaire, la Fondation Morarka, est une petite merveille de goût et d'authenticité très rajpoute. Devendra Singh, la soixantaine (il en semble 10 de moins) semble très strict sur la décoration (objets et mobilier anciens, architecture, jardins) et l'entretien du lieu, comme sur l'élevage de chevaux. Il dirige une véritable armée d'employés (serviteurs) avec autorité.




Visites du jour :

- NAWALGARH. Ferme de Mr Hari Singh "Mil" (caste Jat = fermiers).
Se convertit à l'agriculture bio. 1 "Jupha" (hutte ronde traditionnelle du Shekhati construite en une sorte de roseau séché). 2 ou 3 autres Jophas sont proposées pour héberger nos voyageurs au Rajasthan. Le tout se trouve en campagne.

- NAWALGARH. Rawaki Dhani (petit village à 3km de Nawalgarh). Propriétaire : Ramesh Saini (travaille chez Morarka. Caste Mali = fermiers. "Converti" en rajpoute).
Maison récente dans village.

- VIDASAR. 15 km de Nawalgarh (25 mn). Gordara Karshi Farm (caste Jat).
3 Juphas en pleine campagne. Environnement : champs et animaux. Douches et toilettes. Exploitation certifié biologique.






- KHIVASAR. 30 mn de Nawalgarh. Famille de 5 personnes (le mari est employé chez Morarka comme chauffeur). Cette famille est réputée pour sa cuisine (mouton), selon Kaan Singh.
Maison en pleine campagne. Environnement : champs + animaux. 2 chambres + 1 espace couvert (façon Jopha). Exploitation certifiée biologique.

- NAWALGARH. ONG Gramin Vikas Awsarchana Sasthan. A quitté Morarka après 10 ans pour créer sa propre ONG en octobre 2006, en lien avec le producteur bio Pure Life. Femme "émancipée", en regard de la plupart de celle que je rencontre. Parle un bon anglais.

- DINAPURA. 25 km de Nawalgarh - 15 km de Sikar. Bhukar Farm. 4 générations cohabitent (arrière grand-mère, grand-père, père, et fils). Grand-père enseignant retraité. Père enseignant.
Maison récente en pleine campagne. Environnement : champs, dromadaire, vaches et buffles. Famille agréable et souriante (on nous offre une sorte pastèque-melon).

- SANWLODA LADKHANI. 20 km Sikar. Ancien professeur plutôt réservé, mais très accueillant. Parle anglais. Grande maison presque neuve apparemment riche (marbre partout) à la limite du village, mais très typique.... Beaucoup de chambres et de salles de bains + toilettes.

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Le soir, retour à Nawalgarh pour préparer une nouvelle journée de visites et de préparation à nos voyages équitables et solidaires en Inde, de quoi donner à nos voyageurs de bonnes raisons de voyager en Inde avec nous !

A suivre...





mardi 5 janvier 2016

Impressions indiennes # Episode 4 • La présence des castes

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 4 • La présence des castes

Par Patrick Wasserman (photos M. Birouste & Morarka GDC)

Région de Nawalgarh, Shekhawati...

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2h de route en compagnie de Chinmay (voir Episode 3), que je ne vois pas passer tant celui-ci est bavard, joyeux, et enthousiaste. Nous parvenons à Sikar (Shekhawati) où nous sommes attendus par Kan Singh, parti la veille, et qui a revêtu son turban rajpoute traditionnel de couleur rouge vif, et Arjun, un collaborateur de Sahaj parlant peu voire pas du tout l'anglais. Chinmay, bien que grand parleur, me paraît parfaitement sincère et clair dans son point de vue sur le tourisme rural, qui coïncide sur beaucoup de points avec le nôtre. Kan Singh, lui aussi très "nature", semble avoir très bien intégré notre vision des choses. Je comprends que Morarka Foundation, trop occupée par ses activités dans le domaine agricole qui ont une dimension "industrielle" (vermiculture et agriculture bio), a préféré collaborer en les soutenant des gens comme Sahaj pour la mise en œuvre "opérationnelle" de l'activité touristique. Ils seront nos interlocuteurs privilégiés pour nos voyages au Rajasthan...

Sahaj et Morarka Foundation ont tout organisé pour ma venue au Shekhawati : visites et repas rajpoutes, réservation d'une chambre à Nawalgarh, où apparemment, je suis invité par Morarka.

Les limites de ce qu'il est possible de réaliser au Shekhawati dans un premier temps me paraissent de mieux en mieux définies : l'organisation sociale traditionnelle de ces villages rajpoutes est très ancrée (castes, familles, place de la femme, etc.), et la dimension "communautaire" s'y manifeste d'une toute autre façon de ce que je pouvais imaginer dans le cadre d'un futur CBT. Dans chaque village (un "village", en Inde, peut compter jusqu'à 20000 habitants !), un très petit nombre de familles de la caste "Rajpoute" (sous-caste des "Chatrias" - les guerriers), voire une seule, joue un rôle dominant. Ces familles occupent cette position dominante depuis des siècles, sont très respectées, et écoutées par les autres.

En fait, chaque caste ou sous-caste tient son rôle, en relation avec les autres, et l'équilibre économico-social du village repose sur cette structuration. Ainsi, lorsque la famille dominante, qui est en quelque sorte le plus gros "consommateur" du village, quitte celui-ci pour rejoindre une grande ville par exemple, cet équilibre se rompt et nombre de métiers disparaissent, entraînant la migration des castes pratiquant ces métiers. La famille dominante (dont la maisonnée - souvent des "havelis" - et terrains sont partagés entre les frères) serait la seule, d'après mes interlocuteurs, à même d'accueillir nos voyageurs. Les havelis sont très agréables, comprennent plusieurs chambres potentielles, et autre facilités. Leur niveau d'éducation et l'écoute dont elles bénéficient de la part de la population, leur permettrait de montrer l'exemple non seulement pour organiser et réunir des activités villageoises autour de nos séjours, mais aussi après 2 ou 3 années d'activité, initier la création de maisons d'hôtes dans d'autres familles. D'après ce que je comprends, les familles dominantes ne comptent pas nécessairement s'enrichir grâce au tourisme, hospitalité rajpoute oblige, et seraient sans doute prêtes à en faire bénéficier la collectivité d'une manière ou d'une autre restant à définir. Leur intérêt serait bel et bien une ouverture et un échange vers les étrangers que nous sommes. Les femmes, pour le moment très en retrait lors de nos visites, seraient, selon les hommes que je questionne à ce sujet, très demandeuses de partage, et leur réserve (qu'ils interprètent comme de la timidité) ne tarderait pas à se dissiper. Même s'il est vrai que la famille dominante trouverait là un moyen supplémentaire d'accroître pour le moins sa crédibilité et donc sa domination, je ne vois pas comment nous pourrions, au Shekhawati au moins, échapper à cette donnée.

Nous partons en exploration et rendons visite à plusieurs familles présenties pour accueillir les futurs voyageurs au Rajasthan de Rencontres au bout du monde...


- DUJOD. Haveli "Badam Niwas". Propriétaire : Bhanwar Singh (ex. "Sarpanch").
2 frères sur les 5 que comprend la famille y habitent. Très beau haveli dans un village apparemment plus riche (beaucoup sont allés faire fortune dans les Emirats). Beaucoup de chambres. Salle de bain traditionnelle. Très beau petit temple à Shiva (10è siècle) en haut d'une colline de 200 m env. près du village de Harsh : vue à des km sur le paysage semi-désertique du Shekhawati, sculptures d'une très grandes finesse éparpillées un peu partout après la destruction du temple par Aurengzeb, dizaines de singes un peu partout.

- MUNDWARA. Maison récente dans la campagne. Propriétaire : Deyal Singh, jeune et discret.
Chambres non visitées, mais excellent repas exclusivement composé à partir de produits de la ferme (bio).

- KATRATHAL (village de Kan Singh). Env 15 km de Sikar. Un des plus grands village (20000 habitants).
Haveli déserté par la famille partie pour Kolkota et Mumbay, et qui a construit, juste à côté, pour ses visites "au pays", une maison de nouveaux riches en béton.
Temple Jaïn et mosquée.

- RURAL RESEARCH CENTER de la Morarka Foundation à NAWALGARH. Très bon point de rencontre avec la Fondation et jardin potager expérimental à visiter.





Le soir, ballade nocturne dans la gadoue (il pleut) au milieu des dizaines de havelis plus ou moins délabrés de Nawalgarh, aux murs entièrement décorés de fresques représentant des scènes de la vie traditionnelle rajpoute ou du Ramayana et Mahabaratha.

A suivre...



jeudi 24 décembre 2015

Impressions indiennes... # Episode 3 • Des acteurs locaux engagés

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 3 • Des acteurs locaux engagés

Par Patrick Wasserman (photos M. Birouste)

Autour de Jaipur...

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Départ le matin à 8h30 pour Soda (district de Tonk) à 2h de route de Jaipur vers le Sud, accompagné à peu de choses près de la même équipe que la veille, à laquelle s'est joint le Professeur Chinmay Mehta, artiste et architecte de renom, ancien directeur de la Rajasthan State Academy of Fine Arts, ayant à son actif la conception de plusieurs constructions "ethniques", parmi lesquelles un village rajpoute traditionnel reconstitué à Jaipur : "Chokhi Dhani". Il est ami avec le Dr Renuka Pamecha, une activiste que j'avais rencontrée en 2006, à l'initiative des groupes de femmes (Self Help Groups - SHJ) dans tout le Rajasthan, et avec laquelle j'ai rendez-vous la semaine prochaine.
Le propriétaire du haveli, Narendra Singh Rajawat, que nous visitons est ici encore un personnage riche, dominant, et respecté, mais dont la moralité et l'implication politique me paraît suspecte. Son haveli et les prestations proposées, toute comme le village, et la situation géographique, sont beaucoup moins intéressantes que ce que nous avons vu hier. Dans ce village où le système économique et social s'appuie sur les activités traditionnelles de toutes les castes et les échanges inter-castes (troc), il envisage cependant de réunir les communautés pour recueillir leurs propositions d'activités pour les touristes qui participeraient aux voyages au Rajasthan avec Rencontres au bout du monde, et discuter des opportunités de développement.

Retour seul (les autres continuent les visites) à Jaipur vers 14h, puis re-départ vers 15h pour Tiloniya (district de Ajmer) et le Barefoot College, à 1h30 de Jaipur par une des meilleures "highways" du pays.
J'y retrouve Ram Karan rencontré en 2006, avec lequel j'avais repris rendez-vous. Accueil très chaleureux, et nouvelle visite rapide.

Cette institution, modèle d'intelligence dans l'organisation communautaire, crée en 1972, comprend aujourd'hui 23 "centres" affiliés dans 16 états indien. Elle a débuté en travaillant sur les questions de l'eau d'irrigation et de l'eau potable, des problèmes posés par le système des castes, et de la condition des femmes (groupes de femmes, discussions - violence, intouchabilité, tâches traditionnelles de collecte de l'eau, etc.).

Aujourd'hui, le Barefoot College a développé le soutien administratif aux populations illettrées (demande de subventions, recours administratifs, transparence dans tous les investissements, aide pour la lutte contre la corruption, pression et organisation de manifestations militantes).

Parmi les activités pratiquées ici :
- récupération des eaux de pluies et de ruissellement, filtrage, stockage (ré-alimentation de la nappe phréatique et eau potable) : pompes solaires, réservoirs ouverts ou fermés, décantation, canaux, etc. Ces technologies conçues par le Barefoot College et le savoir-faire sont exportés un peu partout en Inde.
- interventions "pédagogiques" quotidiennes dans les villages à l'aide de spectacles de théâtre et de marionnettes typiquement rajpoutes, entièrement conçus et réalisés sur place, traitant des thèmes de société posant problème : violences faites aux femmes, corruption, etc.
- fabrication de fours solaires "intelligents" (auto orientés) permettant la cuisson des aliments.




- fabrication de panneaux photovoltaïques et de différents modèles de lampes solaires (portables ou non) diffusés dans plusieurs pays d'Asie et d'Afrique (des sessions de formation à l'installation, à l'utilisation, et à la maintenance sont organisées auprès de femmes de tous ces pays invitées pour 6 mois ou plus au Barefoot College). L'ensemble du Barefoot College est alimenté par l'électricité solaire (40 KW par jour)
- centre de santé (2 médecins) et d'hospitalisation (pour l'ensemble des villageois) allopathique.
- centre informatique
- éducation nocturne, spécialement pour les jeunes filles qui travaillent aux champs pour aider leur parents dans la journée, parlements d'enfants avec de réels pouvoirs.
- artisanat : formation, fabrication, et show room (400 articles)


En outre, 9 chambres propres destinées aux visiteurs ont été aménagées.

Toutes les décisions étant prises collectivement en comité, l'acceptation de nos groupes de voyageurs doit être soumise à un comité de décision, par courrier envoyé au directeur : Mr Sanjit Roy ("Bunker"). La prochaine réunion du comité ayant lieu fin septembre, je vais rédiger et envoyer ce courrier avant mon retour en France.

A noter que chaque année le 8 mars, le Barefoot College organise la célébration de la journée internationale de la femme : env. 5000 femmes membres du Barefoot College, venues des 68 villages alentours, y sont réunies.








Nous pouvons aussi envisager des interventions de spécialistes pour participer à la formation dans des domaines précis, mais surtout d'y envoyer certains de nos partenaires et coordinateurs en stage pour y être formés eux mêmes au développement communautaire.

Retour à Jaipur vers 23h après une journée de 9h de route.

A suivre...