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jeudi 18 février 2016

Randonnée et yoga au Zanskar (Himalaya)

Trekking, marche,  yoga,  médiation  marche  
Du 3 au 28 août  2016 

Cette formule associant le yoga au trekking a été testée
en juillet 2015 sur le voyage équitable et solidaire proposé par
Rencontres au bout du monde au Zanskar :

Cette première expérience nous a permis d’identifier précisément comment pouvait se décliner la pratique du yoga dans un tel séjour. 






L’encadrement 


Accompagnateur en montagne, instructeur en marche nordique et professeur de yoga ,  j’ai  découvert  le Zanskar   en 1989. A la fois intrigué et subjugué par   cette culture,  j’ai  depuis cette rencontre, suivi de nombreux enseignements dans différents centres tibétains et  notamment à Montchardon dans le Vercors où je vis, enseignements que j’aurais à cœur de partager durant nos veillées… 

J’enseigne  aujourd’hui un  yoga que m’ont   transmis deux  authentiques   yogis : Babacar Khane et Shri Tivari.
- Maitre occidental  incontesté, Babacar a réalisé  une méthode synthèse  de plusieurs formes de yoga ( Chinois, égyptien et indien), aisée à mettre en œuvre  dans la nature. 
- Shri Tivari a consacré sa vie à l’étude des effets du yoga sur la santé. Erudit, expert en pratiques respiratoires (pranayama), il enseigne un pur hatha yoga respectueux de la tradition indienne.

Particularités de la méthode Babacar Khane.

Loin de s’opposer, le yoga égyptien et le yoga chinois  peuvent être utilisés pour préparer les asanas du Hatha yoga et permettent d’aller plus loin dans cette pratique.
Le yoga de Babacar Khane  s’appuie sur les connaissances biologiques et physiologiques occidentales du corps humain, prend en compte  la connaissance ancestrale  Chinoise des énergies et  trouve son adaptation une  pratique qui convient tant aux sportifs, qu’aux retraités, et bien sûr  aux marcheurs…

Sensibilisé à la pédagogie, François a extrait de cet enseignement  des séances simples efficaces et adaptées au plus grand nombre


Quelles différences entre ce séjour et un séjour classique ?
Comment se décline la pratique du yoga durant le trekking ? 

Le yoga s’adapte aux conditions de trekking …  Il se décline au quotidien à travers des pratiques posturales ou des temps de méditations glanées lors des visites de temples aux côtés des moines ou des nonnes Zanskaries ou encore devant des paysages grandioses…



Nous consacrons au départ de chaque rando  un petit  temps ( 15 minutes environ) pour nous échauffer,  respirer et préparer notre corps à  la marche.  
A notre arrivée, des étirements et des postures spécifiques  de ressourcement post effort assurent  une bonne récupération quotidienne


Plusieurs ateliers techniques et enseignement thématiques vous seront   proposés durant le trekking :
Initiation  à la marche nordique : cette technique permet d’optimiser la propulsion des bras au plat  et de s’économiser dans les montées de cols. 
Découverte de la marche afghane «  l’intégration de respirations spécifiques durant  la marche »  Cette coordination « du souffle au pas »  augmente de façon significative vos potentialités de marcheur
Enseignements sur 
- la gestion du stress (physiologie et régulation par le yoga)
- Les fondamentaux du yoga 
- Sur le bouddhisme et la spécificité de la culture tibétaine ( le vajrayana)

L’idée durant ce trekking est  ralentir, de prendre son temps et s’imprégner au maximum de cette culture  ou l’amour et la compassion sont les scellements de ces peuples himalayens



La durée de notre séjour vous permettra d’assimiler  quelques protocoles de réveil musculaire et de ressourcement post effort que vous pourrez mettre en œuvre  à votre retour dans votre cocon familial… - Un document informatique de synthèse sera envoyé par mail aux participants le désirant.




"Tangso, vallées et villages du Sud",
un voyage équitable et solidaire au Zanskar
proposé par Rencontres au bout du monde


mercredi 3 février 2016

Impressions indiennes # Episode 6 • Derniers instants au Shekhawati

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 6 • Derniers instants au Shekhawati

Par Patrick Wasserman

Sikar, Shekhawati...

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Départ pour de nouvelles visites dans les villages du district de Sikar, ville poussiéreuse et bruyante située en bordure de la route qui relie Jaipur à Bikaner.

Ces villages deviendront tous des lieux d'accueil privilégiés de nos voyageurs au Rajasthan.

- KATRATHAL (village de Mr. Kann Singh), à environ 5 km de Sikar. Le propriétaire est un ancien MLA (membre de l'Assemblée de l'Etat du Rajasthan).
Ici, se trouve un haveli très traditionnel avec plusieurs chambres, dans un environnement agréable.

- SINGHA SAN. 12 km de Sikar. Village très calme et sympathique, surplombé par son vieux fort-palais-haveli en cours de restauration, et habité. Dans le haveli que nous visitons, on trouve une belle salle peinte, mais l'ensemble est assez délabré. Le propriétaire, médecin homéopathe, a une forte personnalité mais est un personnage intéressant et sympathique qui, de surcroît, parle anglais.
Sa ferme est peu habitable et non traditionnelle (cabanon) et l'on trouve également une maison d'une quarantaine d'années dans le village.
Activités dans le village : joailliers, fabricants de chaussures, charpentiers, chanteurs traditionnels, ballades en dromadaire.

- SINGHA SAN. 12 km Sikar . 8 familles (3 frères + 5 autres frères cousins des premiers) vivent au sein d'un très grand et très bel haveli. Le propriétaire qui nous accueille est très avenant. Nous apercevons plusieurs havelis très délabrés tout autour.
Celui que nous visitons possède une grande quantité de chambres, un toit terrasse très agréable (le village domine un peu la région et la vue s'étend jusqu'à la colline de Harsh).






- KATRATHAL (village de Kann Singh). Nous visitons une ferme représentant une halte possible (peu de possibilités d'hébergement sauf si Kaan Singh y installe des huttes). Très bel environnement campagne et une petite fabrique de briques ("batha").

L'après-midi est entièrement consacrée à un aller-retour à Jeen Mata (à proximité de Harsh), et à la visite d'un temple et lieu de pèlerinage rajpoute.



Retour à Jaipur en soirée.


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Réunion à Jaipur en vue d'ébaucher le partenariat Sahaj-Morarka / Rencontres au bout du monde pour les séjours au Shekhawati.

Après avoir remercié mes interlocuteurs pour leur aide et l'organisation des visites, je pose le problème en terme de "Qui fait quoi et dans quelles conditions ?".

Nous convenons que la coordination logistique locale, la formation, et la préparation sur le terrain (propreté, accueil, etc.), et peut-être une partie de l'accompagnement, pourraient être effectuées par Sahaj, Rencontres au bout du monde se chargeant d'établir le programme précis (hébergements, repas, activités), d'assurer la promotion et le "commercial" en France, la préparation des voyageurs, et restant maître de son budget.
Vigyan rappelle, comme il l'avait déjà fait lors de nos premiers échanges par email, que l'objectif de Sahaj reste commercial, même si la notion de profit reste liée à un objectif social de développement. Il reconnaît cependant que dans un premier temps, les profits seront faibles, mais nous sommes d'accord pour que les frais engendrés et le temps passé doivent au minimum être couverts, que ce soit pour Sahaj ou Rencontres au bout du monde. J'insiste également sur le fait que le travail effectué pourra aussi servir à Sahaj pour des touristes hors Rencontres au bout du monde. Je précise ensuite que d'ici quelques temps, il est tout à fait envisageable que Rencontres au bout du monde propose plusieurs circuits au Rajasthan, voire des séjours "à la carte".

Je propose 2 formules :
- soit un partage dans des proportions qui resteraient à définir
- soit un "soutien" progressif de Rencontres au bout du monde pour la coordination (ce soutien pourrait être pris sur le Fonds de développement pour le Rajasthan de Rencontres au bout du monde.

La deuxième formule nous paraît à tous la plus viable et appropriée.

Décisions : je dois soumettre le programme précis, ainsi qu'un compte-rendu en anglais des visites effectuées, à la suite de quoi, Sahaj nous adressera une première proposition pour la première année. J'insiste sur le côté "partenariat" et non "client-fournisseur", et la nécessité absolue de transparence. Nous pensons tous qu'une fois que nous serons d'accord, une charte de partenariat devra être signée par toutes les parties.

Tarifs des prestations locales (hébergements, repas, activités) : je me rends compte qu'ils n'ont aucune idée sur ce point. Je leur explique comment nous procédons au Zanskar, et ce que j'ai prévu dans le budget prévisionnel du Rajasthan. Je leur demande de procéder de même en tenant compte des spécificités locales, c'est à dire de prendre l'avis des prestataires concernés, ce qu'ils acceptent. Je précise que Kaan Singh pourrait très bien réaliser cette mission. Il est important de l'aborder avec "tact", car au Rajasthan, on m'a souvent dit que "a Guest is a God", formule qui ne doit pas être entamée par la venue répétée de nos "guests". Vigyan souligne que, selon lui, les perspectives financières seront dans un premier temps plus attractives pour les prestataires que les considérations communautaires et de solidarité. Toujours selon Vigyan, la mise en avant de projets solidaires plus que l'aspect financier pourrait nuire au projet (les prestataires pourraient alors demander de voir de quoi nous sommes capables en terme de solidarité avant d'accepter de recevoir des touristes), et il conseille de n'aborder cette question qu'au bout d'un an ou deux. Je rappelle que selon nos principes et les critères de l'ATES, ces aspects restent essentiels et incontournables, ce que tous les présents approuvent. Pour mémoire, rappelons qu'au Ladakh, ce n'est que maintenant que nous commençons à pouvoir réellement financer des projets et distribuer le fonds CBT, et que notre crédibilité locale était entamée jusqu'à l'an dernier dans la mesure où nos promesses n'avaient pas d'effet visibles par la population.

Transports : j'ai annoncé que dans un premier temps au moins, Rencontres au bout du monde les prendra en charge (Surjeet Singh, de Jaipur, que je connais depuis 1999, assure cela très sérieusement et avec beaucoup de fiabilité, à des prix compétitifs).

Séjour à Jaipur : pour le moment, Sahaj n'a rien de concret à proposer pour les hébergements. Il va donc nous falloir choisir une solution guest house ou hôtel à Jaipur pour les premiers groupes (c'est d'ailleurs ce que j'avais prévu dans le budget mis en ligne sur notre site en juillet).

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A suivre...

mercredi 20 janvier 2016

Impressions indiennes # Episode 5 • Traditions et ruralité

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 5 • Traditions et ruralité

Par Patrick Wasserman (photos Bruas, x)

Région de Nawalgarh, Shekhawati...

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Au petit matin, rencontre avec Devendra Singh, propriétaire du très bel l'hôtel-haveli Roop Niwas (Nawalgarh), collectionneur de miniatures rajpoutes et d'armes anciennes, et surtout, éleveur et expert en chevaux d'endurance (races Marwari et Kathiywari).


















15 personnes sont dédiées à l'élevage, l'entretien et l'entraînement d'une centaine de chevaux. L'endroit que je connaissais pour y avoir été invité et séjourné en 2006 lors du colloque organisé par notre partenaire, la Fondation Morarka, est une petite merveille de goût et d'authenticité très rajpoute. Devendra Singh, la soixantaine (il en semble 10 de moins) semble très strict sur la décoration (objets et mobilier anciens, architecture, jardins) et l'entretien du lieu, comme sur l'élevage de chevaux. Il dirige une véritable armée d'employés (serviteurs) avec autorité.




Visites du jour :

- NAWALGARH. Ferme de Mr Hari Singh "Mil" (caste Jat = fermiers).
Se convertit à l'agriculture bio. 1 "Jupha" (hutte ronde traditionnelle du Shekhati construite en une sorte de roseau séché). 2 ou 3 autres Jophas sont proposées pour héberger nos voyageurs au Rajasthan. Le tout se trouve en campagne.

- NAWALGARH. Rawaki Dhani (petit village à 3km de Nawalgarh). Propriétaire : Ramesh Saini (travaille chez Morarka. Caste Mali = fermiers. "Converti" en rajpoute).
Maison récente dans village.

- VIDASAR. 15 km de Nawalgarh (25 mn). Gordara Karshi Farm (caste Jat).
3 Juphas en pleine campagne. Environnement : champs et animaux. Douches et toilettes. Exploitation certifié biologique.






- KHIVASAR. 30 mn de Nawalgarh. Famille de 5 personnes (le mari est employé chez Morarka comme chauffeur). Cette famille est réputée pour sa cuisine (mouton), selon Kaan Singh.
Maison en pleine campagne. Environnement : champs + animaux. 2 chambres + 1 espace couvert (façon Jopha). Exploitation certifiée biologique.

- NAWALGARH. ONG Gramin Vikas Awsarchana Sasthan. A quitté Morarka après 10 ans pour créer sa propre ONG en octobre 2006, en lien avec le producteur bio Pure Life. Femme "émancipée", en regard de la plupart de celle que je rencontre. Parle un bon anglais.

- DINAPURA. 25 km de Nawalgarh - 15 km de Sikar. Bhukar Farm. 4 générations cohabitent (arrière grand-mère, grand-père, père, et fils). Grand-père enseignant retraité. Père enseignant.
Maison récente en pleine campagne. Environnement : champs, dromadaire, vaches et buffles. Famille agréable et souriante (on nous offre une sorte pastèque-melon).

- SANWLODA LADKHANI. 20 km Sikar. Ancien professeur plutôt réservé, mais très accueillant. Parle anglais. Grande maison presque neuve apparemment riche (marbre partout) à la limite du village, mais très typique.... Beaucoup de chambres et de salles de bains + toilettes.

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Le soir, retour à Nawalgarh pour préparer une nouvelle journée de visites et de préparation à nos voyages équitables et solidaires en Inde, de quoi donner à nos voyageurs de bonnes raisons de voyager en Inde avec nous !

A suivre...





mardi 5 janvier 2016

Impressions indiennes # Episode 4 • La présence des castes

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 4 • La présence des castes

Par Patrick Wasserman (photos M. Birouste & Morarka GDC)

Région de Nawalgarh, Shekhawati...

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2h de route en compagnie de Chinmay (voir Episode 3), que je ne vois pas passer tant celui-ci est bavard, joyeux, et enthousiaste. Nous parvenons à Sikar (Shekhawati) où nous sommes attendus par Kan Singh, parti la veille, et qui a revêtu son turban rajpoute traditionnel de couleur rouge vif, et Arjun, un collaborateur de Sahaj parlant peu voire pas du tout l'anglais. Chinmay, bien que grand parleur, me paraît parfaitement sincère et clair dans son point de vue sur le tourisme rural, qui coïncide sur beaucoup de points avec le nôtre. Kan Singh, lui aussi très "nature", semble avoir très bien intégré notre vision des choses. Je comprends que Morarka Foundation, trop occupée par ses activités dans le domaine agricole qui ont une dimension "industrielle" (vermiculture et agriculture bio), a préféré collaborer en les soutenant des gens comme Sahaj pour la mise en œuvre "opérationnelle" de l'activité touristique. Ils seront nos interlocuteurs privilégiés pour nos voyages au Rajasthan...

Sahaj et Morarka Foundation ont tout organisé pour ma venue au Shekhawati : visites et repas rajpoutes, réservation d'une chambre à Nawalgarh, où apparemment, je suis invité par Morarka.

Les limites de ce qu'il est possible de réaliser au Shekhawati dans un premier temps me paraissent de mieux en mieux définies : l'organisation sociale traditionnelle de ces villages rajpoutes est très ancrée (castes, familles, place de la femme, etc.), et la dimension "communautaire" s'y manifeste d'une toute autre façon de ce que je pouvais imaginer dans le cadre d'un futur CBT. Dans chaque village (un "village", en Inde, peut compter jusqu'à 20000 habitants !), un très petit nombre de familles de la caste "Rajpoute" (sous-caste des "Chatrias" - les guerriers), voire une seule, joue un rôle dominant. Ces familles occupent cette position dominante depuis des siècles, sont très respectées, et écoutées par les autres.

En fait, chaque caste ou sous-caste tient son rôle, en relation avec les autres, et l'équilibre économico-social du village repose sur cette structuration. Ainsi, lorsque la famille dominante, qui est en quelque sorte le plus gros "consommateur" du village, quitte celui-ci pour rejoindre une grande ville par exemple, cet équilibre se rompt et nombre de métiers disparaissent, entraînant la migration des castes pratiquant ces métiers. La famille dominante (dont la maisonnée - souvent des "havelis" - et terrains sont partagés entre les frères) serait la seule, d'après mes interlocuteurs, à même d'accueillir nos voyageurs. Les havelis sont très agréables, comprennent plusieurs chambres potentielles, et autre facilités. Leur niveau d'éducation et l'écoute dont elles bénéficient de la part de la population, leur permettrait de montrer l'exemple non seulement pour organiser et réunir des activités villageoises autour de nos séjours, mais aussi après 2 ou 3 années d'activité, initier la création de maisons d'hôtes dans d'autres familles. D'après ce que je comprends, les familles dominantes ne comptent pas nécessairement s'enrichir grâce au tourisme, hospitalité rajpoute oblige, et seraient sans doute prêtes à en faire bénéficier la collectivité d'une manière ou d'une autre restant à définir. Leur intérêt serait bel et bien une ouverture et un échange vers les étrangers que nous sommes. Les femmes, pour le moment très en retrait lors de nos visites, seraient, selon les hommes que je questionne à ce sujet, très demandeuses de partage, et leur réserve (qu'ils interprètent comme de la timidité) ne tarderait pas à se dissiper. Même s'il est vrai que la famille dominante trouverait là un moyen supplémentaire d'accroître pour le moins sa crédibilité et donc sa domination, je ne vois pas comment nous pourrions, au Shekhawati au moins, échapper à cette donnée.

Nous partons en exploration et rendons visite à plusieurs familles présenties pour accueillir les futurs voyageurs au Rajasthan de Rencontres au bout du monde...


- DUJOD. Haveli "Badam Niwas". Propriétaire : Bhanwar Singh (ex. "Sarpanch").
2 frères sur les 5 que comprend la famille y habitent. Très beau haveli dans un village apparemment plus riche (beaucoup sont allés faire fortune dans les Emirats). Beaucoup de chambres. Salle de bain traditionnelle. Très beau petit temple à Shiva (10è siècle) en haut d'une colline de 200 m env. près du village de Harsh : vue à des km sur le paysage semi-désertique du Shekhawati, sculptures d'une très grandes finesse éparpillées un peu partout après la destruction du temple par Aurengzeb, dizaines de singes un peu partout.

- MUNDWARA. Maison récente dans la campagne. Propriétaire : Deyal Singh, jeune et discret.
Chambres non visitées, mais excellent repas exclusivement composé à partir de produits de la ferme (bio).

- KATRATHAL (village de Kan Singh). Env 15 km de Sikar. Un des plus grands village (20000 habitants).
Haveli déserté par la famille partie pour Kolkota et Mumbay, et qui a construit, juste à côté, pour ses visites "au pays", une maison de nouveaux riches en béton.
Temple Jaïn et mosquée.

- RURAL RESEARCH CENTER de la Morarka Foundation à NAWALGARH. Très bon point de rencontre avec la Fondation et jardin potager expérimental à visiter.





Le soir, ballade nocturne dans la gadoue (il pleut) au milieu des dizaines de havelis plus ou moins délabrés de Nawalgarh, aux murs entièrement décorés de fresques représentant des scènes de la vie traditionnelle rajpoute ou du Ramayana et Mahabaratha.

A suivre...



jeudi 24 décembre 2015

Impressions indiennes... # Episode 3 • Des acteurs locaux engagés

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 3 • Des acteurs locaux engagés

Par Patrick Wasserman (photos M. Birouste)

Autour de Jaipur...

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Départ le matin à 8h30 pour Soda (district de Tonk) à 2h de route de Jaipur vers le Sud, accompagné à peu de choses près de la même équipe que la veille, à laquelle s'est joint le Professeur Chinmay Mehta, artiste et architecte de renom, ancien directeur de la Rajasthan State Academy of Fine Arts, ayant à son actif la conception de plusieurs constructions "ethniques", parmi lesquelles un village rajpoute traditionnel reconstitué à Jaipur : "Chokhi Dhani". Il est ami avec le Dr Renuka Pamecha, une activiste que j'avais rencontrée en 2006, à l'initiative des groupes de femmes (Self Help Groups - SHJ) dans tout le Rajasthan, et avec laquelle j'ai rendez-vous la semaine prochaine.
Le propriétaire du haveli, Narendra Singh Rajawat, que nous visitons est ici encore un personnage riche, dominant, et respecté, mais dont la moralité et l'implication politique me paraît suspecte. Son haveli et les prestations proposées, toute comme le village, et la situation géographique, sont beaucoup moins intéressantes que ce que nous avons vu hier. Dans ce village où le système économique et social s'appuie sur les activités traditionnelles de toutes les castes et les échanges inter-castes (troc), il envisage cependant de réunir les communautés pour recueillir leurs propositions d'activités pour les touristes qui participeraient aux voyages au Rajasthan avec Rencontres au bout du monde, et discuter des opportunités de développement.

Retour seul (les autres continuent les visites) à Jaipur vers 14h, puis re-départ vers 15h pour Tiloniya (district de Ajmer) et le Barefoot College, à 1h30 de Jaipur par une des meilleures "highways" du pays.
J'y retrouve Ram Karan rencontré en 2006, avec lequel j'avais repris rendez-vous. Accueil très chaleureux, et nouvelle visite rapide.

Cette institution, modèle d'intelligence dans l'organisation communautaire, crée en 1972, comprend aujourd'hui 23 "centres" affiliés dans 16 états indien. Elle a débuté en travaillant sur les questions de l'eau d'irrigation et de l'eau potable, des problèmes posés par le système des castes, et de la condition des femmes (groupes de femmes, discussions - violence, intouchabilité, tâches traditionnelles de collecte de l'eau, etc.).

Aujourd'hui, le Barefoot College a développé le soutien administratif aux populations illettrées (demande de subventions, recours administratifs, transparence dans tous les investissements, aide pour la lutte contre la corruption, pression et organisation de manifestations militantes).

Parmi les activités pratiquées ici :
- récupération des eaux de pluies et de ruissellement, filtrage, stockage (ré-alimentation de la nappe phréatique et eau potable) : pompes solaires, réservoirs ouverts ou fermés, décantation, canaux, etc. Ces technologies conçues par le Barefoot College et le savoir-faire sont exportés un peu partout en Inde.
- interventions "pédagogiques" quotidiennes dans les villages à l'aide de spectacles de théâtre et de marionnettes typiquement rajpoutes, entièrement conçus et réalisés sur place, traitant des thèmes de société posant problème : violences faites aux femmes, corruption, etc.
- fabrication de fours solaires "intelligents" (auto orientés) permettant la cuisson des aliments.




- fabrication de panneaux photovoltaïques et de différents modèles de lampes solaires (portables ou non) diffusés dans plusieurs pays d'Asie et d'Afrique (des sessions de formation à l'installation, à l'utilisation, et à la maintenance sont organisées auprès de femmes de tous ces pays invitées pour 6 mois ou plus au Barefoot College). L'ensemble du Barefoot College est alimenté par l'électricité solaire (40 KW par jour)
- centre de santé (2 médecins) et d'hospitalisation (pour l'ensemble des villageois) allopathique.
- centre informatique
- éducation nocturne, spécialement pour les jeunes filles qui travaillent aux champs pour aider leur parents dans la journée, parlements d'enfants avec de réels pouvoirs.
- artisanat : formation, fabrication, et show room (400 articles)


En outre, 9 chambres propres destinées aux visiteurs ont été aménagées.

Toutes les décisions étant prises collectivement en comité, l'acceptation de nos groupes de voyageurs doit être soumise à un comité de décision, par courrier envoyé au directeur : Mr Sanjit Roy ("Bunker"). La prochaine réunion du comité ayant lieu fin septembre, je vais rédiger et envoyer ce courrier avant mon retour en France.

A noter que chaque année le 8 mars, le Barefoot College organise la célébration de la journée internationale de la femme : env. 5000 femmes membres du Barefoot College, venues des 68 villages alentours, y sont réunies.








Nous pouvons aussi envisager des interventions de spécialistes pour participer à la formation dans des domaines précis, mais surtout d'y envoyer certains de nos partenaires et coordinateurs en stage pour y être formés eux mêmes au développement communautaire.

Retour à Jaipur vers 23h après une journée de 9h de route.

A suivre...

lundi 7 décembre 2015

Impressions indiennes... # Episode 2 • Premières rencontres

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 2 • Premières rencontres
Par Patrick Wasserman (photos M. Birouste)

Fin août aux portes du désert...

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La grosse chaleur est de retour, et les traces des inondations de la veille déjà évaporées.

Premier rendez-vous avec nos contacts conseillés par Majnu Jah (Morarka Fondation), Vigyan Gadodia et Vikas Deep Gupta, tous deux co-directeurs de la jeune entreprise Sahaj Agrofarm India Pvt. Ltd.
"Jeunes loups" de l'économie indienne, la trentaine, rigoureux et ambitieux, ils ont créé cette entreprise il y a quelques mois, avec le soutien de la YES BANK ("a YES BANK Entrepreneur in Action"), dans laquelle Vigyan a travaillé 5 ans, après 4 années d'études en biotechnologies (Jaipur) et 2 en finances (Kolkota), intercalées de 2 années d'expériences diverses en entreprise. Vikas a, lui, effectué ses 4 premières années en Ingénieurie électronique et technologique, suivies, comme Vigyan, de 2 années en finances, avant de travailler lui aussi 5 ans dans une banque (ICICI BANK).

Ils ont prospecté depuis plusieurs mois dans différentes parties de l'Inde du Nord à la recherche de projets agricoles "organics" présentant une dimension sociale prononcée qui se rapprocherait d'une démarche équitable, auprès desquels ils pourraient s'engager (micro-crédits, management, production, R&D, diffusion, exportation, chaîne de qualité, etc.). Ils sont en liaison avec Morarka Fondation, et intéressés par l'idée du tourisme rural et de l'écotourisme. Leur perception de l'implication communautaire des villageois se rapproche sur beaucoup de points de la nôtre, avec, bien sûr, des spécificités bien indiennes.

Ils sont tous deux originaires du Shekhawati.

Comme je l'avais perçu au téléphone, malgré un excellent anglais écrit (email), l'accent et la rapidité d'élocution imposent pour le moins une attention toute particulière dans la communication orale.

Pendant 2 jours, ils ont prévu de visiter plusieurs sites et familles autour de Jaipur, susceptibles d'accueillir ce type de tourisme. Je dois en voir deux avec eux.



Nous partons vers 11h30, après avoir embarqué au passage plusieurs personnes, dont Kaan Singh venu de Sikar (Shekhawati) où il travaille pour Morarka, et Giriraj Singh Lotwara, "Admistration Officer" de la Seedling Academy of Design, Technology and Management (3000 étudiants), propriétaire du "haveli" (demeure de maître typiquement rajpoute) que nous allons visiter aujourd'hui dans le village très isolé et "Rajasthan profond" de Lotwara (district de Dausa), à 2 heures 1/2 de Jaipur sur la route de Barathpur et Agra (halte potentielle pour nos voyageurs). Sur la route, à une dizaine de km avant Lotwara, une zone entièrement occupée par des graveurs et sculpteurs sur pierre.

Situé au milieu de champs de millet l'été, ou de moutarde l'hiver, d'étangs stagnants ou s'immergent de nombreux buffles noirs et boueux, et de dizaines d'oiseaux échassiers et de paons sauvages, Lotwara offre le parfait exemple de vie rurale rajpoute : maisons traditionnelles très pauvres mais colorées, femmes porteuses d'eau elles aussi vêtues de couleurs irréelles le visage souvent recouvert d'un voile fin qu'elles soulèvent d'un doigt comme nous le voyons très souvent au Rajasthan, animaux mêlés aux hommes, vie agricole.

Giriraj Singh est un peu le "prince" du lieu. A notre passage, tous le saluent les mains jointes avec un "namaskar" prononcé, certains allant même jusqu'à poser leurs mains sur le bas de ses jambes avant de les porter sur leur cœur en signe de respect manière rajpoute. Sa famille habite depuis des générations dans un haveli un peu délabré mais en phase de rénovation simple et propre, très agréable et parfaitement authentique, depuis sa construction au XVIIIè siècle. Courant décembre 2007, il devrait avoir terminé la rénovation des 8 ou 9 chambres d'hôtes, d'une salle de bains (carrelée !), d'une cuisine (elle aussi carrelée), et de toilettes. Le haveli se situe en bordure du village, avec un grand jardin, de belles plantations, à la limite des champs appartenant à Giriraj Singh. Electricité (publique ou par générateur essence) et téléphone.

Giriraj Singh travaille toute la semaine à l'Académie à Jaipur, et rentre le week-end. Il est facilement joignable sur son mobile et à son bureau, mais n'a pas de email. Aucune trace du reste de sa famille lors de ma visite, excepté son frère aîné : je n'y croise que des hommes, notables ou serviteurs attentionnés. La dimension communautaire de ce projet reste cependant floue voire inexistante à l'heure actuelle. La population pourrait sans doute être associée aux activités, assez facilement vu son dévouement à Giriraj.


Activités proposées : travaux des champs, tissage, musique et danses, méditation et yoga.

Nous sommes reçus dans une pièce aux fenêtres de verres colorés, au dernier étage du haveli, donnant sur le toit-terrasse dominant le village. Succulente et abondante nourriture locale préparée spécialement pour nous que nous dégustons avec nos mains droites (les rajpoutes venus de la ville ne semblent pas plus à l'aise que moi dans cet exercice, au contraire), assis sur un matelas au sol autour d'une grande table basse. Tant pis, je me lâche sur l'eau fraîche tirée de puits profonds (le niveau de la nappe phréatique a beaucoup baissé), et sur une salade concombres-oignons-tomates, et me réconcilie avec les chapattis directement sortis du tandoor.

Giriraj a fait réaliser un VCD de 15 mn sur la région, le village, et son haveli. Il m'en remet un exemplaire.

Au retour, nous visitons, à une vingtaine de km, le puits géant de Abhaneri (Chand Baori), et le temple (Harshshat Mata Temple) à moitié détruit mais aux bas-reliefs et sculptures innombrables et d'un style très raffiné, le tout datant des 8è et 9è siècles. Le puits est une construction en profondeur, d'une cinquantaine de mètres de long pour une trentaine de large au niveau du sol, sur une trentaine de mètres de profondeur. Les paliers se rejoignent par un bon demi millier de petits escaliers de 5 ou 6 marches chacun, répartis régulièrement tous les 2 mètres environ, permettant de descendre jusqu'au fond du puits. Selon les dires locaux, il est impossible d'utiliser, pour remonter, le même chemin qu'à la descente...

Retour à Jaipur vers 21h. Les routes et le niveau de vie des classes moyennes s'améliorant très vite en Inde, le nombre de véhicule croît d'année en année, ainsi que la vitesse de circulation. Âmes sensibles sur la route, fermez les yeux lors des dépassements de camions, surtout en pleine nuit.

A suivre...

lundi 30 novembre 2015

Impressions indiennes... # Episode 1 • Jaipur

Rajasthan : Naissance d'un séjour... 

Episode 1 • Jaipur
Par Patrick Wasserman (photos Semaryp et P.Wasserman / Vidéos P.Wasserman)

Nocturne, dans le jardin de l'hôtel SB. Paons hurlants (le jour) et écureuils par dizaines. Ronflements des climatiseurs. Au loin, la rumeur et les klaxons de la ville.

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Me voici pour la première fois "seul" à Jaipur, capitale de l'état indien du Rajasthan, si tant est que l'on puisse être vraiment "seul" dans cette immense ville, comme partout en Inde, d'ailleurs.

Visions nocturnes : l'Inde en condensé !!!

A 200 m de l'hôtel, une dizaine de pharmacies côte à côte, seules encore ouvertes en soirée, juste en face d'un hôpital.

Stands de nourriture, foule, musique, lumières, devant l'immense "shopping center" à côté de la "New Gate". A l'intérieur en forme de grand "théâtre à l'italienne" façon Boussicot version indienne, une scène est dressée, avec musiciens (tablas, synthé, percussions électroniques, guitare), et un chanteur... albinos, en chemise rose. La foule est réunie en bas et aux balcons des étages pour observer le spectacle. Toutes les boutiques du "shopping Center" sont vides, et semblent ne jamais avoir été occupées. Est-ce une inauguration ?

A l'extérieur, d'autres "spectacles" attirent d'autres foules...



De la boue et de grosses flaques (certains s'y enfoncent jusqu'aux genoux) partout, au milieu desquelles il est difficile de se frayer un chemin sans patauger, stigmates du gros coup de mousson de l'après-midi. Atmosphère moite mais pas aussi chaude que ce que j'ai déjà connu ici.

Une mosquée déserte mais illuminée comme un sapin de Noël.


Retour en une heure à pied, ébloui par les phares à contre-jour des voitures et des camions encore nombreux. Klaxons, comme toujours... mais aussi, parfois, autoradios à fond. Les "Jaipur helicopters" (auto-rickshaw et cyclo-rickshaw), eux, n'ont le plus souvent pas de lumière. Certains m'interpellent dans un anglais approximatif : What is my name ? What is my country, Sir ? Rickshaw Jaipur Helicopter ! No "how much",  No pay !...

Un homme gît le corps à moitié immergé dans une flaque. Sa cyclo-échoppe est renversée sur le côté, dans l'eau elle aussi. Voitures et piétons l'ignorent. Est-il mort ? Pas de policiers à qui m'adresser pour lui venir en aide. Je fais comme les autres, et passe mon chemin, avec cette image terrible "photographiée" dans ma tête.

Des temples bruyants où l'encens brûle à toute heure en rajoutent cette l'ambiance hallucinante.





Le cinema Raj Mandir, grand bâtiment rococo aux néons verts et rouge, qui fût, en son temps, l'un des plus grands de l'Inde.

Sortant de l'ombre de temps à autres : plusieurs "restaurants de rue", huiles fumantes plus ou moins malodorantes, grosses marmites en aluminium, grandes tablées ou les mains droites s'affairent à ramasser Daal et autres "mix vegetable" huileux à l'aide de chappatis cuits à même la flamme.




Je croise un éléphant, et son cornac lui ordonnant d'en haut de presser le pas, au milieu de la circulation. Eux aussi ignorent les feux rouges. Puis, juste après, quelques cavaliers.

Agglomérats de vaches bossues, énormes, autour de tas d'immondices. Certaines, aussi, sont attelées à des carrioles, évoluant au milieu des voitures.
"Sacrées" vaches sacrées... qui se nourrissent de tout ce qu'elles trouvent, au milieu du brouhaha...



Corps allongés et endormis un peu partout, trottoirs, jardins, recoins, rond-points, parfois enveloppés dans une couverture, comme s'il ne faisait pas assez chaud comme ça.

Un groupe d'une vingtaine de personnes crient, dans l'ombre : dispute, manifestation, prière ?

Femmes en sari dans la nuit, silhouettes fantomatiques.





Arrivée à l'hôtel où le réceptionniste est déjà couché, sur un lit à l'indienne, installé lui aussi sous une couverture, devant son comptoir  sur la terrasse à l'extérieur. Il me propose une boisson ("24 hours service !" me dit-il...). Je prends un Pepsi devant mon ordi...

A suivre...


lundi 23 novembre 2015

Rajasthan, portes du désert et foire de Pushkar

Kartika Purnima est une fête sainte hindoue, sikh, et jaïn, célébrée le jour de la pleine lune (purnima) du huitième mois du calendrier hindou (Kartik) qui a commencé cette année le 28 octobre et se terminera le 25 novembre.



Egalement connu comme Tripuri Poornima ou Tripurari Poornima, parfois appelé Deva-Diwali (la fête des lumières des dieux), ce jour est considéré comme particulièrement auspicieux par plusieurs communautés.

A Pushkar, ville sacrée du Rajasthan, cette période est celle de la "Pushkar mela", une des plus grande foire aux dromadaires du monde avec ses quelques 25 000 têtes, assortie d'un pèlerinage unique au temple de Brahma de Pushkar, qui rassemble chaque année des centaines de milliers de fidèles et des "sadhus", autour des bains rituels ("snâna Kartik") dans le lac sacré de la ville.





Chaque année, Rencontres au bout du monde propose plusieurs départs de voyages au Rajasthan "spécial Pushkar" :



et d'autres départs toutes l'année entre 11 et 23 jours.



lundi 9 novembre 2015

Diwali, la fête des lumières

Le 11 novembre 2015, l'Inde célèbre Diwali, la fête des lumières.


Diwali (ou Dipawali ou Dîpâvalî - littéralement "rangée de lumières" en sanskrit) est la plus grande et la plus importante fête hindoue de l'année. Elle est également la plus joyeuse et la plus célébrée.

Elle évoque le retour du dieu Rāmā dans son royaume avec son épouse Sītā, à Ayodhya, après avoir vaincu Ravana, en allumant rangées de lampes en argile.
A l'origine, il s'agissait de la fête du démon Bali (dans l'Ouest de l'Inde, encore aujourd'hui, le festival marque le jour où le Vishnu, l'un des principaux dieux de la trinité hindoue, envoie le démon Bali pour gouverner "le monde d'en bas"), puis d'une fête de la moisson qui a marqué la dernière récolte de l'année avant l'hiver, l'Inde étant une société rurale et agricole dans laquelle la population espère la bénédiction divine de Lakshmi, déesse de la richesse et de la prospérité. Aujourd'hui, cette pratique s'étend aux entreprises, partout dans le sous-continent indien, considérant le lendemain de Diwali comme le premier jour de la nouvelle année financière.

Cette fête se célèbre dans le monde entier, en octobre ou novembre, à l'aide de lampes disposées dans des endroits tant sacrés que profanes.





La population célèbre la fête avec des réunions de famille, allumant de multiples lampes en argile et des feux de joie, tirant des feux d'artifice de fête, installant des lanternes, et des guirlandes de lumières électriques ou de fleurs,…
Les portes et fenêtres des maisons restent ouvertes, les lumières et bougies bien visibles, en invitation à la déesse Lakshmi.
Au cours des siècles, Diwali est devenue une fête nationale appréciée par la plupart des Indiens indépendamment de leur foi : les hindous, jaïns, bouddhistes, sikhs…, que l'on peut interprêter comme la victoire du Bien sur le mal. 
Nos groupes actuellement en voyage au Rajasthan et en Inde du Sud auront la joie de participer à ces réjouissances qui leur laisseront un souvenir mémorable.
Chaque année, Rencontres au bout du monde organise des voyages équitables et solidaires en Inde autour des dates de fêtes et festivals locaux.

jeudi 29 octobre 2015

Pauvreté et inégalités en Inde rurale



Dans deux cantons de l’État du Gujarat (Inde), cet article s’intéresse aux systèmes agraires et à leurs relations avec la pauvreté rurale, composante essentielle du « grand écart spatial de l’Inde ». À partir d’un travail de terrain approfondi, il confirme l’extrême pauvreté qui sévit dans les campagnes indiennes, dans un État qui affiche pourtant un taux de croissance élevé. Il montre comment cette pauvreté s’explique par une inégale répartition de la terre, de l’eau, mais aussi de la valeur ajoutée, qui s’enracine dans des relations sociales de dépendance dont l’essence a été peu modifiée au cours des dernières décennies. Les activités non agricoles, pour importantes qu’elles soient, ne modifient pas ces inégalités. À la lumière de ce travail, les politiques de développement agricole visant la résorption des inégalités en zone rurale apparaissent plus que jamais nécessaires.


Claire Aubron, Hugo Lehoux et Corentin Lucas, « Pauvreté et inégalités en Inde rurale », EchoGéo [En ligne], 32 | 2015, mis en ligne le 15 juillet 2015, consulté le 29 octobre 2015. ; DOI : 10.4000/echogeo.14226

mercredi 21 octobre 2015

Un Oeil sur l'Inde: Comprendre la position de l'Inde sur le changement...

Un Oeil sur l'Inde: Comprendre la position de l'Inde sur le changement...: Voici une interview publiée sur le site d'information spécialisé sur l'Asie, Asialyst ,  auquel j'ai commencé à collaborer. ...

(par Sebastien Farsis, correspondant pour Radio France International, la Radio Suisse Romande et Libération en Inde).

vendredi 9 octobre 2015

ATTAQUES DE FEMMES À L'ACIDE EN INDE


STOP ACID ATTACKS et END ACID SALE2 ONGs indiennes luttent contre les violences quotidiennes faites aux femmes.


Un faux tutoriel beauté pour dénoncer les attaques à l'acide

Défigurée par son beau-frère à l'acide, une jeune femme indienne a réalisé une vidéo parodiant les tutoriels beauté afin de dénoncer les souffrances engendrées par ce type de torture.

C’est assez effrayant, que les âmes sensibles se le disent : une très jeune femme indienne, Reshma explique comment appliquer son rouge à lèvres sur une petite vidéo d’une minute jusque-là, rien de bien frappant, on ne compte plus (hélas) le nombre de tutos beauté pour réussir sa coiffure ou appliquer son eye-liner sans trembler jusqu’à la tempe. Mais Reshma a eu le visage brûlé par l’acide lancé par son beau-frère en 2014. Défigurée, elle fait entendre sa voix de cette manière assez maligne et originale, parodiant en quelque sorte les blogueuses beauté du genre de Michelle Phan aux Etats-Unis ou EnjoyPhoenix en France. Son visage est spectaculairement défiguré, boursouflé, un de ses yeux est manifestement fichu. Du coup son application de rouge à lèvres paraît à la fois courageuse et dérisoire.



La vidéo est en fait une campagne organisée par le mouvement #MakeLoveNotScars, qui dénonce les inimaginables souffrances engendrées par ce type de torture :v peau arrachée, ouïe et vue perdues, infections des cartilages, parfois mortelles, perte de sensations, amputations, greffes de peau… et évidemment le devoir vivre avec ce visage. L’idée de la vidéo c’est de sensibiliser au fait que l’acide sulfurique est aussi facile à se procurer que du rouge à lèvres. Et de faire signer la pétition qui contribuerait à mettre fin à ces pratiques pour le moins barbares : en Inde chaque année, 1000 personnes, à 90% des femmes, seraient brûlées à l’acide

Emmanuèle Peyret (10 septembre 2015)


A voir également, le très beau reportage de Pascal Mannaerts






END ACID ATTACKS procure assistance médicale et aide à la réinsertion aux femmes victimes de violences à l’acide. 

Un reportage de Nicolas Bertrand, Antoine Husser et Navodita Kumari, diffusé dans "Envoyé spécial" jeudi 8 octobre à 20h55.





Les femmes sont en premières ligne dans l'accueil chez l'habitant qui caractérise nombre de voyages que nous proposons.

RENCONTRES AU BOUT DU MONDE coopère, pour la construction de ses voyages en Inde, avec des organisations indiennes engagées et actives dans de nombreuses causes dont la lutte pour le respect des droits des femmes.

mercredi 7 octobre 2015

UN RÉSERVOIR D'EAU DANS LE SHEKHAWATI (Rajasthan, Inde)





Région semi désertique à la fois sablonneuse et cultivée, essaimée de villages tranquilles témoignant des heures glorieuses des anciens royaumes perdus de l’Inde du Nord, le Shekhawati est un des temps forts du voyage au Rajasthan proposé par Rencontres au bout du monde. Avec son partenaire, la Fondation Morarka qui soutient aussi bien des programmes environnementaux (agriculture biologique, lombriculture, recyclage des déchets, énergies renouvelables...), que d'aide au développement auprès des fermiers du Shekhawati (microcrédits, formation à l'informatique, etc.), ou de prévention en matière de santé, Rencontres au bout du monde a construit un réseau de "homestays" où, séjournant chez l'habitant, le voyageur partage et vit au rythme de cette population très caractéristique d'une Inde rurale et profonde.
Grâce au Fonds de développement de Rencontres au bout du monde au Rajasthan, prélevé sur les frais de participation des voyageurs, plusieurs projets ont pu voir le jour.
Récemment, un réservoir d'eau potable a été achevé dans le petit village de Lakshmana Ka Bass, à destination de la communauté.
A voir également au Shakhawati : Nawalgarh, et ses dizaines de havelis, anciens palais aux fresques colorées retraçant les épisodes guerriers et les heures glorieuses du Rajasthan.



mercredi 23 septembre 2015

PANKAJ UDHAS CE SAMEDI 26 SEPTEMBRE AU COMÉDIA (Paris).


Shri Pankaj Udhas, le chanteur ghazal le plus illustre de l'Inde donnera un concert exceptionnel ce samedi au COMEDIA à Paris.




De passage exceptionnellement à Paris lors de sa tournée européenne, les amoureux de belles mélodies indiennes auront la chance d’apprécier ce grand nom du ghazal.

Originaire de Gujarat en Inde Pankaj Udhas a commencé sa carrière avec la sortie d'un album de ghazal intitulé Aahat en 1980 et par la suite a enregistré de nombreux succès comme Mukarar en 1981, Tarrannum en 1982, Mehfil en 1983, Pankaj Udhas Live at Royal Albert Hall en 1984, Nayaab en 1985 et Aafreen en 1986.

Après son succès en tant que chanteur de ghazal, il a été invité à participer et à chanter dans un film de Mahesh Bhatt, Naam (la chanson "Chitthi Aayee Hai" a connu très grand succès).

Ses concerts à travers le monde lui ont apporté la célébrité en tant que chanteur. 

En 2006, Pankaj Udhas a reçu le très convoité "Padma Shri", la quatrième plus haute distinction civile de l'Inde.

LE COMEDIA 
4 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris

mardi 13 janvier 2015

Les rencontres au Zanskar/Tangso, Vallées et Villages du Sud





Jour 1 et 2 : Après un petit vol entre Lyon et Zurich, nous voici envolé pour un voyage de 6559 km à destination de Delhi.
Attente dans le hall de Delhi durant la nuit, puis nous prenons un vol intérieur, direction Leh avec un survol au dessus des montagnes de l'Himalaya.
C'est un choc minéral ou de neige parsemé de petits oasis de cultures et de verdures.
Située à 3 500 m d'altitude, dans la vallée de l'Indus, Leh est la plus importante ville et la capitale de la région du Ladakh. Elle fût de le théâtre d'une manifestation d'importance au mois de Juillet dernier : le pèlerinage Kalachakra 2014- LADAKH avec sa Sainteté le Dalaï Lama.
Ce n'est qu'en 1974 que cette fût ouverte au tourisme. Mais auparavant Leh était un centre privilégié d'échanges commerciaux sur la voie reliant le Cachemire à l'Asie Centrale.
Après une sieste, nous voici parti déjeuner en ville (premier repas épicé), puis, visite de Leh.

Au retour, petit malaise qui nécessite du repos... Fatigue, maux de tête, souffle coupé, vomissements... et première inquiétude : vais-je tenir le coup ou être victime du mal des montagnes ? Lors d'un entretien téléphonique notre correspondant de Rencontre au bout du monde nous avait prévenu : "attention, le choc sera violent à l'arrivée". J'ai compris pourquoi cette précaution;


Jour 3 :
Après une nuit agitée, le réveil se fait difficile mais sans ces maux de tête qui avaient martelé ma soirée de la veille.
 
Départ pour l'école de Choglamsar. Un village d'enfants tibétains parmi les 7 écoles que composent TCV (Tibetan Children's village). Montesori y a fait son entrée et les résultats sont remarquables. Les Ladakhis apprennent quatre langues dès leur plus jeune âge : L'Hindi, l'Anglais, le Ladakhi et le Bodhi.

Avant un déjeuner copieux et "digeste", nous voici en direction du Monastère de Tiktse. Fantastique ensemble architectural. Tsong Khapa avait prophétisé l'établissement d'un monastère en ces lieux et ce fut le neveu de l'un de ses disciples qui fonda Tikste. Actuellement quelques 80 moines y résident.

Quatre temple peuvent être visités dans ce monastère.


Le monastère de Stakna nous réserve une surprise de taille...
Perché sur un éperon de la rive gauche de l'Indus, en amont de Tiktse, Stakna (nez du tigre) fut édifié par un demi-frère du roi Senge Namgyal (1590-1640) ; le monastère appartient l'ordre de Dugpa-Kagyupa. Le supérieur Stakna rinpoche, grand érudit est décédé à l'âge de 91 ans. Sa réincarnation fût découverte à Garsha (Himachal Pradesh).

Le nouveau Rinpoche est âgé de 3 ans. Il nous remettra à chacun, ce jour-là, un khata (Longue écharpe blanche en tissu que l'on offre lors des grandes occasions, sa longueur souhaite la longue vie, sa blancheur témoigne de la pureté d'intention de celui qui l'offre).
Séance très solennelle et emplie de grandes émotions. Pour en savoir plus :
https://www.facebook.com/Drukpa.Order/posts/10201990687502973




Jour 4 : 8 heures du matin. Nous quittons Leh. Quelques Cheik-Point et nous voici à la confluence de l'Indus et du Zanskar. L'eau est limoneuse et bleue : mélange de ces deux rivières. Il est à noter que la chaîne du Ladakh est coincée entre la plaque Indienne et la plaque Asiatique, la Chine grignotant 5 cm par an sur le Népal... La variété de couleur des roches s'explique par ces poussées inexorables empilant des dépôts marins datant de millions d'années. Après une pause déjeuner, nous voici au monastère d'Alchi Choskhor. Il est un des seuls monastères du 11ème et 12ème siècle subsistant au Ladakh. Il est à 64 km de Leh sur la route qui va à Kargil. Beaucoup de visiteurs découvrent Alchi à l’occasion d’une halte durant un trajet vers Kargil, la vallée de la Nubra. Y passer une nuit est fort sympathique (une dizaine d’hébergement en saison) pour qui aime le calme et permet de s’imprégner de cette ambiance unique.
 
Il s’agit d’un ensemble de trois temples, d’un chorten et de bâtiments construits entre les XI et XIII° siècle. Longtemps ignoré du monde et bien que n’étant plus en activité, il est aujourd’hui, certainement de par sa singularité, le monastère le plus connus du Ladakh. On reconnaît à Alchi des influences indiennes, cachemiris (sculptures en bois), tibétaines (architecture globale) et d’Asie centrale (motifs des peintures murales). Il est interdit de photographier avec flash dans la plupart des monastères, c'est pourquoi les sources viennent d'Internet.


Le long de notre chemin, nous croisons des camions TATA aux couleurs et illustrations qui me fascinent. Une personnalisation hors norme.

Pause déjeuner à Kaltse puis nous voici arrivé à Lamaruru Gonpa. Une légende raconte qu'un grand lac occupait le fond de la vallée. Un disciple d'Ananda (fidèle compagnon du Bouddha) vint par la voie des airs se poser sur une ile et prophétisa l'établissement d'un monastère...



Pause à Mulbek pour une pause photo du Bouddha Nouveau de 8 mètres de haut et datant du 13ème siècle.
Nous arrivons à Kargil de nuit après avoir été chahuté par les travaux à l'entrée de la ville, préparatif aux autres transports à venir.
Dernière nuit à l'hôtel...






Leh (3500 m) - Kargil (2676 m) : 213 km






Jour 5 : Départ en véhicule, direction Karsha, pour une journée de piste qui durera un temps interminable de chaos routiers. Nous avions été prévenu et donc ce n'est pas une surprise. Je m'équipe d'une ceinture pour protéger les lombaires, de mes écouteurs et de vêtements pour me coincer dans le véhicule. Comme dans le tambour d'une machine à laver ! 
Voilà comment RBM nous avait prévenu de ce périple, seule voie possible pour accéder au Zanskar, mais je n'avais compris le sens exact du mot tambour. Le temps étant couvert nous ne profiterons pas du Nun et Kun. Mais Phuntsok saura agrémenter notre longue journée de la pause de mandalas neufs. Nous pourrons admirer les premiers glaciers. Je reste admiratif devant le courage de tous ces camions qui font le trajet probablement quotidiennement. Au loin, nous voyons les premiers monts couverts de neige. Nous voici désormais à 4400 m au Col du Pensi La. A cette hauteur l’edelweiss est roi. Ainsi que la marmotte ! Nous arrivons à Karsha à la tombée de la nuit. Je suis accueilli par Lobsung, Amo et Mina, leur fille. La soirée ne sera pas très longue : repas court et me voici dans mon duvet en peu de temps. Première nuit chez l'habitant. Bonne nuit à tous.

Kargil (2676 m) - Karsha (3700 m) : distance 231 km





Jour 6 : Après un repos bien mérité, nous voici parti pour visiter le Monastère de Karsha. Karsha est le plus grand monastère Gelugpa (école des bonnets jaunes) du Zanskar. Il fut fondé au 12ème siècle par Pagpa Sherap et abrite 160 moines.
Nous voici au Zanskar, vallée issue de populations tibétaines depuis le 7ème siècle. En 1337, le Cachemire passe sous la domination des dynasties musulmanes. Cette annexion favorise le rapprochement entre le le Zanskar et le Ladakh. Dès lors, entre les deux régions s'établit un réseau d'échanges culturels qui s'étendra au Tibet central et au Guge. Au 17ème siècle, les Mongols envahissent la vallée. Les Moghols aideront à la libération, mais leur emprise sera forte par la suite.
Au retour, je prépare le repas avec Amo : carottes, pommes de terre et épinards agrémentés de riz. Puis , je bois mon premier thé salé au beurre de yack. Il est préparé dans une baratte spécifique et superbe.



Nous nous dirigeons vers la nonnerie et faisons la rencontre de l'amchi du village.

Il s'agit d'un monsieur très âgé et grand-père du coordinateur basé à Leh.
Nous conversons avec lui sur la médecine ayurvédique et l'ouverture du Zanskar au monde extérieur. Ici les caries n’existaient pas, par exemple, car le sucre ne faisait pas partie des ingrédients consommés. Philosophe très positif, ce médecin des plantes est un puits de connaissances. Une très belle et émouvante rencontre. Il nous adresse une prière dans le temple.

Pas assez de temps pour visite la nonnerie car la nuit va tomber.

Le soir, nous prenons le repas tous ensemble. Dès mon arrivée je me mets à la fabrication des momos (sorte de gros raviolis farci aux légumes). La maîtresse de maisons nous remet un khata en signe de bienvenue. Certains goûtent à la bière locale : le Chang (bière d'orge). Pierre sort la Chartreuse. Séance de photos prises par Damien.

Karsha s'étage sur une colline qui surplombe la plaine de Padum.
Padum est la capitale du Zanskar avec une population de mille habitants, bouddhistes et musulmans sunnites. C'est le seul endroit au Zanskar où l'on trouve une mosquée.